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Mark Occhilupo, un surfeur de légende

(22/01) Occy part à la retraite

Pipeline, Oahu, Hawaï ( 10 /12/07) Le troisième tour du Billabong Pipeline Masters lil y a quelques semaines à Hawaii a marqué la fin d’une longue épopée pour l’un des surfeurs les plus adulés du circuit professionnel.

A l’âge de 41 ans, Mark Occhilupo tirait sa révérence après une carrière en dents de scie de plus d’un quart de siècle.

Occhilupo a partagé les vagues de très nombreux grands noms du surf tels que Shaun Thomson, Tom Curren, Tom Carroll et Kelly Slater. En 1999 il ajoutait son nom sur la prestigieuse liste des champions du monde après le plus mémorable come-back dans l’histoire du surf.

Marco Jay Luciano Occhilupo est né le 16 juin 1966 à Kurnell dans le New South Wales australien d’un père italien et d’une mère néo-zélandaise. Il a commencé le surf à l’âge de 9 ans. Il a remporté sa première compétition amateur à 13 ans et faisait régulièrement l’école buissonnière pour aller taquiner les vagues. Il s’attaqua aux trials des compétitions ASP à l’âge de 16 ans et à 17 ans, en 1984, il rentrait officiellement sur la liste des 16 meilleurs surfeurs mondiaux.

Très vite ses performances en compétition, sa puissance et son agressivité dans les vagues le placèrent parmi les meilleurs. Beaucoup se souviennent de ses passages en France : ''En 1985, il est resté un mois à Lacanau ; il a passé 3 semaines avant le Lacanau Pro. Il surfait plus de 5 heures par jour, on le repérait car il avait une combi fluo rose. Il avait 18 ans, c’était avec Curren la star montante et il réalisait des prouesses avec déjà ce style rageur mais coulé qui lui est propre. Dans la foulée, il remportait le WCT girondin et devenait une star à Lacanau'' indique Michel Boyé de surf-report.com.

Même aux US où Curren était devenu une espèce de Dieu vivant, Occy était adulé. En espérant y faire carrière, Occy fit une intrusion dans le monde du cinéma en jouant son propre rôle dans le navet hollywoodien North Shore en 1987. Le surf professionnel était en pleine ascension, Curren et Occy en étaient les super héros ; grâce à eux l’industrie du surf connaissait un succès sans précédent. Cette année là, peut-être à cause d’influences malchanceuses, il rata de peu le titre de champion du monde.

A partir de là, les choses se gâtèrent. Des années sur le tour pro avaient épuisé Occy (à l’époque le WCT comptait 3 fois plus d’épreuves qu’aujourd’hui), il sombra dans la dépression. Il avait perdu son désir de surfer. Le jeune surfeur motivé des années 80 sombra dans un art de vivre qui n’avait rien à voir avec sa vie saine et irréprochable de sportif professionnel. La drogue, les fêtes et l’alcool en firent une loque humaine. Il surfait encore en compétition mais manquait de tout et avait pris beaucoup de poids. Il quittait le Tour pro au début des années 90.

Durant ses années noires, ses uniques apparitions furent dans les films de Jack McCoy. Il passait la plupart de son temps enfermé et déprimé dans sa maison de Kirra. Mais son ami et cinéaste Jack McCoy savait que son ami avait encore des choses à prouver au monde du surf. Il réussit à le motiver à reprendre un chemin positif ; grâce à un entraînement intense, Occy perdit plus de 35 kg (il en faisait 110) et se remit à avoir envie de surf.

Après des années d’enfer et d’enfermement, il retrouvait un but à sa vie : dominer le circuit de surf pro. En 1995 il refit son apparition sur le Tour au travers du Billabong Challenge et prouvait qu’il était de nouveau dans la course. L’année d’après, il se classait 20ème dans le WQS et remportait le WCT de Pipeline en tant que trialiste. Le ‘Raging Bull’ (son surnom : le taureau en furie) était de nouveau sur pattes.

1997. Il termina l’année à la deuxième place derrière Kelly Slater. Il était non seulement de retour dans l’arène mais faisait surtout preuve de sa détermination à s’imposer.
Il conquit enfin la gloire en 1999. Après un parcours perturbé fait de très hauts et de très bas, Mark Occhilupo remportait le championnat du monde et inscrivait définitivement son nom dans la légende.

Il continua le tour les années suivantes, considéra un moment en 2005 de se retirer mais devant la pression de ses fans, ses sponsors, ses amis et surtout grâce au plaisir que lui procurait la compétition, il se ravisa.

Jusqu’à la semaine dernière. Maintenant c’est définitif, Occy a dit qu’il arrêtait. Il veut essayer de surfer sans penser à la compétition. D’être le père de son fils et de prendre du bon temps chez lui à la maison. En tant que surfeur pro, on ne passe pas beaucoup de nuits dans son propre lit. Mais ne vous en faites pas, vous le verrez encore surfer.

En sortant de l’eau l’autre matin au Pipe, tous ses amis et ses fans étaient là pour l’applaudir. Il a été fêté comme un héros. Un grand surfeur. Il n’a peut-être pas le répertoire de manœuvres des petits jeunes du tour, mais ses carves portent sa marque de fabrique. Les vagues de Bells ou Jeffreys portent encore la trace de ses rails…

Tant qu’Occy sera dans l’eau, le ''power'' surf existera.



Crédit photos :
www.aspworldtour.com


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