Région - Sublimer le surf en Gironde

Alombre de Tombottom

- @oceansurfreport -

OSR Région met à l'honneur chaque mois une région différente, pour mettre en lumière tout sonpotentiel surf et ses originalités.

En ce mois de mars, nous vous emmenons à la découverte de la Gironde, une terre de surf qui est depuis quelques années devenue incontournable.

Dans Alombre, le vidéaste Tom Queyraud, plus connu sous le nom de Tombottom, suit le parcours de quatre surfeurs aux origines très différentes, qui se retrouvent à surfer ensemble dans le Médoc, la plus grande presqu'île française. Entre secrets de tournage et approches techniques, Tom Queyraud nous a fait partager sa vision du surf en Gironde, sa région d'origine. 

OSR : Salut Tom ! Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Thomas Queyraud, j’ai 26 ans. Je suis originaire de Bordeaux mais je vis à Carcans depuis l'âge de 10 ans. Je suis vidéaste et compositeur autodidacte, principalement dans le surf. Je suis également moniteur de surf depuis maintenant 6 ans.

OSR : Depuis combien de temps réalises-tu des films de surf ?

Depuis mon année de monitorat de surf en 2010/2011. J'ai d'abord commencé par des petits clips pour moi, parfois promotionnels lorsque l'occasion se présentait pour des marques de surf ou des surfeurs. Fin 2014 début 2015 je décide de réaliser un rêve : faire un film de surf. Mais sans le moindre budget, en créant tout maison de A à Z !

OSR : Peux-tu nous expliquer brièvement comment tu procèdes pour réaliser tes vidéos ?

J’ai plusieurs façons de procéder. Je ne m'impose pas vraiment de cadre ou de règles, je pense que cela freine la création et l’imagination. Je préfère laisser libre cours à mon imagination ! J'imagine les scènes, les idées, les personnages ou encore les lieux que je veux mettre en images. Mais il m’arrive aussi de commencer par la compo d'une musique, pour ensuite imaginer les images que j’aimerai superposer dessus. Et après, il y a une partie de hasard où je tombe à un endroit et à un moment précis qui me fait dire « c’est maintenant que je vais filmer ». Bref, je me laisse porter par mes envies, par ma créativité, par mon imagination...

OSR : Quel matériel utilises-tu ?

J’utilise très peu de matériel, une ou deux caméras hybrides (entre le réflex et la caméra) équipées de 3 objectifs.  J'ajoute un trépied, un ordinateur, mon logiciel de montage et de composition musicale et un ou deux claviers. Et puis quelques accessoires micro et autres. Je pense juste qu’aujourd’hui il y a beaucoup de matos disponible, c'est très accessible de faire des images avec peu de moyens ou alors c'est carrément hors de prix dès qu'on veut taper dans du plus haut de gamme. Sauf que je pars du principe que c'est pas parce qu'on a du matos dernier cri ou hyper pro qu'on fera du bon travail. Je pense que c’est l’oeil de la personne qui fera la différence et pas forcément le matériel. Il suffit d'un peu d'imagination pour parfois réaliser des plans dont le rendu est bien plus pro qu'on ne le pense ! Et je sais de quoi je parle !

OSR : Quels sont tes projets en ce moment ?

Je suis sur le tournage de mon second film depuis plus d'un mois. Je me suis lancé dans le deuxième volet d’une trilogie, dont le premier était ALOMBRE. Je pensais qu'il y avait encore beaucoup de choses à dire sur mes personnages mais aussi sur l'une des faces cachées des circuits pro et du surf business...même dans d'autres pays ! Du coup, je suis aussi sur la compo de la bande-son qui accompagnera ce nouveau projet. Avec deux prix festivaliers de la Meilleure Bande Son, je ne pouvais pas me contenter de filmer et de monter les images...! 

ALOMBRE demande toujours un peu de travail : des contrats ont été passés avec des plateformes de diffusion dont un en Australie/Nouvelle-Zélande, un au Japon et un au Brésil. Je travaille aussi sur la sortie de la bande musicale originale du film en album sur les plateformes digitales.

OSR : Qu'est-ce qui t'as donné envie de tourner dans le Médoc?

Au départ, cela vient d’une frustration. Celle de ne pas pouvoir réaliser mon premier film à l'endroit que j’avais prévu. J'ai essuyé quelques refus de sponsoring ou d’aides, et je me suis un peu renfermé chez moi. C’est là que je me suis rendu compte que, juste là où j'habitais, une belle opportunité se présentait. 

A partir de cette prise de conscience, j'ai ressenti une grande motivation intérieure, une dynamique créative et du bonheur d'avancer dans cet objectif : mettre en valeur, illustrer en images, donner un autre regard sur mon petit coin de paradis !

OSR : Quels sont selon toi les atouts et les inconvénients de la Gironde niveau surf ?

Les atouts du surf en Gironde résident plutôt dans le côté familial des stations balnéaires de petite envergure mais aussi tout le côté environnemental et paysager : de grands espaces, de grandes étendues de sable, des sites encore préservés et sauvages. Même si la haute saison amène son lot de touristes, nous sommes très peu hors saison, et le surf y est d'autant plus agréable ! 

Concernant les inconvénients, je dirais que les spots sont beaucoup moins réguliers que dans le sud en règle générale... Ici nous n’avons pas de digues ou d’espaces rocailleux qui permettraient à la nature de créer des vagues différentes ainsi que des spots de replis en cas de fortes houles. Autre inconvénient, et pas des moindres, la réglementation des surfcamps étrangers. C'est un réel problème qui s'amplifie chaque été. Ces surfcamps débarquent en masse dans les campings et ne respectent pas souvent les populations locales, la nature voire les personnes chargées de sa protection comme l'ONF. Ils arrivent en terrain conquis, avec des règles de sécurité ou une culture qui diffèrent des nôtres ce qui entraine pas mal d'incompréhensions et de malentendus...

Mais lors de l'avant-première de ALOMBRE à Darwin l'année dernière, j'ai constaté avec surprise que des surfeurs de toute la côte s'étaient donnés rendez-vous ce soir là... De Montalivet ou Soulac jusqu'au Pays Basque en passant par Carcans, le cap Ferret ou les Landes, ils ont représenté une grande partie des 1500 personnes présentes et c'était un réel bonheur de les voir tous réunis. J'ose espérer qu'un jour un groupement ou une association de professionnels surfeurs verra le jour pour qu'on puisse partager nos points de vue, nos visions du développement de notre activité et de notre passion.

OSR : Qu'est-ce que tu aimes particulièrement dans cette région ?

Ses atouts forcément ! La tranquillité des lieux, l’esprit familial, la beauté des paysages. Un cadre naturel protégé, de grandes plages, de l'espace... Les villes restent à taille humaine, l'urbanisation reste maitrisée en règle générale. C'est très appréciable !

Et puis forcément, y a le bon vin aussi !

OSR : As-tu une anecdote du tournage d'Alombre à nous raconter ?

La meilleure que j’ai est certainement la dernière session du film. C'était un 8 février, on traçait en voiture depuis 5h du matin alors que c'était tempête monstrueuse... jusqu’à ce qu'on tombe sur LE spot !

Je n'y croyais pas, ça faisait 3h qu'on tournait avec Adrien (Valéro) et d'autres potes surfeurs, et puis cette gauche a fait son apparition : elle s'est mise en place. 

Il faisait très froid, y avait beaucoup de vent et je ne pensais pas que quelqu’un se mettrait à l’eau parce que les vagues étaient balèzes et il y avait beaucoup de courant...

Jusqu’à ce que Adrien décide d'y aller tout seul, dans cet enfer caverneux et marronasse... J’ai transpiré toute la session tellement je stressais pour lui, et tellement j’étais content d’avoir de telles images. Je ne voulais rien louper. Une session gravée dans ma mémoire ! Et ceux qui ont vu le film comprendront de quoi je parle !

Suivez toute les actualités de Tombottom sur sa page Facebook. Vous pouvez commander Alombre sur www.tombottom.com

La semaine prochaine, ce sont les surfeurs présents dans Alombre qui nous parleront du tournage et de leurs impressions sur le surf en Gironde. 

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