Surf - Le surf en conditions extrĂȘmes

Direction le grand froid

- @oceansurfreport -

Troquez votre maillot de bain pour une bonne combinaison et direction les eaux froides de la Bretagne, du Canada, de la Norvège ou encore de l’Alaska. Quelle idée me direz-vous ? mais que voulez-vous il y en a qui aime surfer avec du 5mm. Même en France, si vous voulez surfer toute l’année, il faut bien se préparer, avoir du bon matériel et suivre un échauffement au préalable. Nous sommes à quelques jours de Noël et vous seriez prêt à louper une bonne session parce qu’il fait trop froid ? NON ! Suivez donc le guide, Aurélien Bouche Pillon, surfeur des Grands Lacs, où l’eau y est bien froide. Il vous livre ses conseils …


OSR : Quelles sont les conditions météo quand tu surfes en eau froide (température de l’air, de l’eau, vent) ?
 

Aurélien Bouche Pillon : Les  conditions sont extrêmes durant l’hiver, l’eau descend jusqu’à 2 degrés Celsius et la glace se forme sur la côte et dans l’eau. Les vents sont très violents et froids. Les températures approchent les -20 mais avec le vent elles peuvent être estimées bien au dessous.


OSR :
A partir de quelles températures (dans l’air et dans l’eau) considères-tu qu’il fait trop froid pour se mettre à l’eau ?

Aurélien Bouche Pillon : Très honnêtement si les vagues sont bonnes on y va malgré les températures glaciales. Parfois on se pose la question mais à la vue de la houle on saute ! 


OSR : Y a-t-il beaucoup de monde à l’eau à cette période ?

Aurélien Bouche Pillon : Non très peu de surfeurs ont le mental et le désir de se plonger dans ces eaux là, peut-être une petite dizaine et un peu plus sur d’autres lacs aux alentours. Les conditions attirent les plus fous et passionnés d entre nous !


OSR : As-tu une préparation physique et mentale pour affronter le grand froid ? Qu’elle est-elle ?

Aurélien Bouche Pillon : Oui, en effet, c’est très mental et spirituel .Je regarde la météo très souvent et m’adapte mais l’hiver est dur sur le moral et le corps. J’essaie de dormir et manger beaucoup et bien équilibré avant et après les sessions. Je bois énormément d’eau et de boissons chaudes mais surtout je m’étire et m’échauffe avant sur la plage. Juste avant de surfer je fais de la corde à sauter dans ma combi pour faire circuler le sang et me sentir réchauffé.


OSR : Quel est ton équipement pour une expédition en eau froide ?

Aurélien Bouche Pillon : L’équipement est la clef pour survivre. J’ai une combinaison de 6,5mm, des gants moufles de 7mm et des chaussons de 7mm (plusieurs paires pour se changer entre les sessions ou d’un jour à l’autre.)

Avec l’expérience, j’ai même inventé des choses pour rester au chaud plus longtemps : j’ajoute un masque de néoprène sur ma figure et une autre cagoule pour le supporter en plus de la cagoule de la combi...j ai aussi des chaussettes en néoprènes et des caleçons en néoprène. Nous portons des protège oreilles car le froid est très néfaste mais aussi de la vaseline sur le visage car les vents sont extrêmement violents.


OSR : Comment choisis-tu ton matériel ?

Aurélien Bouche Pillon : Je choisis mon matériel en ligne avec des recherches mais aussi avec mon expérience j’innove. Dernièrement, j’ai cherché des lunettes pour me protéger du vent et de la grêle ou de la neige car parfois je ne vois plus rien. Je porte même un casque si la glace se forme dans l’eau. Mes planches aussi doivent être différentes car le vent et la glace peuvent les faire voler et les casser. Il les faut plus solides.


OSR : Qu’est ce qui fait une bonne combinaison ?

Aurélien Bouche Pillon : Une bonne combinaison est extrêmement importante. Elle doit être flexible car avec cette épaisseur ce n’est pas évident mais surtout il faut qu’il fasse chaud à l’intérieur. Je n’oublie pas malgré le froid de rester en couleur car je n’aime pas le noir pour une combi !


OSR : Comment se passe la sortie de l’eau lors d’une session en eau froide ?

Aurélien Bouche Pillon : La sortie est très importante et souvent brutale : il faut surtout sortir quand on commence à avoir froid car on peut mourir d’hypothermie très rapidement. Le problème vient souvent des pieds et des mains, ils sont gelés ! Notre visage peut être glacé alors il faut attendre d’être dans la voiture avec le chauffage à fond pour que la glace fonde. Sur la combinaison les fermetures gèlent et on ne peut pas les ouvrir. Le plus gros souci et de ne pas pouvoir enlever les gants pour ouvrir la voiture, ça peut être compliqué !


OSR : Quel est ton petit truc pour affronter le froid ?

Aurélien Bouche Pillon : Mon petit truc est un gros truc en fait ! « Un esprit sain dans un corps sain ». Il faut se sentir en harmonie avec les éléments et ne jamais douter de soi tout en restant très humble. Le fait d’être seul en plein hiver dans la tempête est magique et spirituel, lorsque l’on prend une bonne vague c’est une victoire et belle récompense. On en veut tout de suite une autre.

Aloha depuis les grand lacs et le froid, le surf est partout où vous le voyez.

Si vous ne visualisez pas la vidéo, cliquez ici.

Mots clĂ©s : conditions extrĂȘmes, hiver, aurĂ©lien bouche pillon, surf | Ce contenu a Ă©tĂ© lu 11959 fois.
Envoyez-nous vos photos, vidéos, actualités à l'adresse suivante
contact@surf-report.com
Articles relatifs
Matos | Le 30/11/2020
Au travers d'un large panel de marques et de modĂšles, laissez-vous ainsi guider dans votre choix de combinaison.