Surf - Matt Georges : "Photographe de reportages"

Entretien exclusif - 6 Feet & Perfect

- @oceansurfreport -

 

Chez Océan Surf Report nous aimons le changement et nous avons donc décidé de vous parlez de Snow aujourd'hui et plus particulièrement de Matt Georges, photographe pour Onboard et Whitelinese que l'on retrouve sur la galerie de 6 feet and perfect. Il nous parle de son parcours et surtout de son style et de sa technique.

Originaire de Grenoble, Matt Georges fait du skateboard et du snowboard depuis 15 ans. Matt a fait des études de graphisme et d'imprimerie puis il est passé par les Beaux-Arts. En parallèle, il a été directeur artistique pour Freestyler Snow (fr), puis Photo Editeur pour Method Mag (eu) à Innsbruck. Désormais, Matt est senior photographe pour Onboard (eu) et Whitelines (uk) et il travaille avec une cinquantaine de publications et de nombreuses marques à travers le monde. Passionné par l'édition de livres il a de nombreux projets personnels dans les cartons. 

A suivre et à retrouver sur : http://www.6feetandperfect-gallery.com/fr/31_matt-georges

et www.mattgeorges.com

 

 

Entretien exclusif pour Océan Surf Report et 6 feet and Perfect :

 

 

Océan Surf-Report : Bonjour Matt, peux-tu nous décrire ton parcours photographique ?

 

Matt Georges : Quand j'avais 17 ans le père de mon meilleur ami m'a montré comment tirer des photos noir et blanc dans son labo situé dans leur cave. Ce fut une expérience vraiment marquante et par la suite j'ai commencé à faire des photos avec le vieux Nikon FE de mes parents. Je voulais avoir des souvenirs des sessions de skate, de ma famille et des gens de passage. Je me suis inscrit au club photo de mon village mais j'étais le seul jeune au milieu d'une bande de retraités qui se réunissaient une fois par semaine pour discuter. J'ai beaucoup appris à leur côté profitant, pour la plupart, de leur demi-siècle ou plus d'expériences photographiques. Par la suite j'ai fait des études de graphisme et d'imprimerie, puis un bref passage aux Beaux-Arts, tout en continuant à faire des photos pour mon plaisir, notamment de mes amis du skate et du snowboard. Au milieu de cette période d'apprentissage,  j'ai commencé à obtenir mes premiers boulots en tant que Directeur Artistique pour des magazines de skate et snowboard français comme Freestyler ou Snowsurf.  Je n'ai jamais souhaité être photographe professionnel mais mes photos ont commencé à intéresser certaines rédactions et marques. Par la suite je suis devenu Photo Editeur puis Senior Photographe pour Method un grand magazine de snowboard européen; Ce qui me propulsa sur la scène snowboard internationale et me donna l'opportunité de côtoyer et shooter les plus grands riders. C'est à ce moment là que je suis véritablement devenu photographe à plein-temps.

 

 

OSR : Quel est le fil conducteur de ton travail ?

 

MG : Jusqu'à maintenant le fil conducteur de mon travail était de documenter le milieu du snowboard en privilégiant le lifestyle et les « à côté » qui ponctuent une saison d'hiver. Je travaille notamment sur plusieurs séries personnelles lors de mes différents voyages, en parallèle de mes commandes éditoriales pour la presse ou commerciales pour des campagnes de publicité. Après presque huit ans vraiment à fond je souhaite petit à petit shooter d'autres chose, faire mûrir mon travail et mon style et surtout prendre mon temps pour avoir de nouveau les idées claires.

 

 

OSR : Comment est-ce que tu définirais ton style ? 

 

MG : Je ne suis pas certain d'avoir un style particulier mais en tous cas j'essaye de savoir shooter plusieurs types d'images. Je n'aime pas vraiment l'idée d'avoir un seul style car même si j'ai des préférences j'aime faire des essais et des découvertes.  J'aime l'idée d'être aussi à l'aise en Post-production numérique qu'avec des procédés anciens à base de produits chimiques loin de tout pixel. Puis les goûts changent et évoluent avec les années alors espérons que mon style aussi. Par contre, je n'aime pas trop les mises en scène, je me sens plus proche des photographes de reportages qui saisissent ce qu'ils voient et ceux qu'ils croisent. Une fois les photos prises j'aime travailler les textures des pellicules ou des films polaroids en utilisant divers procédés comme de la javel, du feu ou autre.

 

 

OSR : Pourrais-tu décrire ta façon de photographier d'un point de vue technique ?

 

MG : De manière générale et même si je connais bien sûr les bases techniques, je ne m'intéresse que d'assez loin à la course aux nouvelles technologies. Je suis de la vieille école et je n'ai pas connu d'appareils tout automatique qui font presque la photo à notre place. J'ai gardé mes réflexes et ne travaille qu'en exposition et mise au point manuelle. J'ai mes préférences en matière de boîtiers et mon propre système est assez rodé. Je n'aime pas retoucher mes photos pendant des heures et me considère plutôt comme un artisan photographe plutôt qu'un photo/graphiste même si le métier de graphiste est ce que j'ai exercé en premier. 

 

 

OSR : De quelle manière ton choix se porte-t-il sur l'utilisation du noir & blanc plutôt que sur la couleur ?

 

MG : J'apprécie tout particulièrement le Noir et Blanc brut, contrasté, granuleux et intense et j'aime passer du temps dans mon labo à faire des tirages. Au début de l'hiver quand la lumière est encore rasante le noir et blanc s'impose presque de lui-même. Pour le reste c'est plutôt une question de feeling et du résultat que je recherche à un moment donné. Ce n'est qu'un goût personnel mais je préfère par exemple la photo de reportage ou de guerre en Noir et Blanc.

 

 

OSR :  Qu'est-ce qui fait une belle photo pour toi ?

 

MG : Peu importe la technique et l'appareil utilisés, une bonne photo pour moi est une photo dont je me souviendrais longtemps et qui me procurera une émotion, quelle qu'elle soit.

 

 

OSR : Qu'est-ce que la photo t'apporte ?

 

MG : Des nouvelles aventures, un coin de canapé un peu partout dans le monde, des souvenirs, des milliers d'histoires à raconter à mes petits-enfants autour du feu lorsque je serais vieux mais surtout la chance de fuir la routine et ne pas avoir à travailler dans un bureau toute la journée.

 

 

OSR :  Quel est l'aspect le plus difficile de la photo de montagne ?

 

MG : Savoir résister au grand froid, être en bonne forme physique, garder ses orteils au chaud, son matériel le plus sec possible et faire attention aux avalanches. Finalement c'est assez facile de shooter du snowboard quand on considère toutes ces photos d'alpinisme et de haute-montagne?

 

 

OSR :  Quand trouves-tu du plaisir ?

 

MG : Quand j'ai la totale liberté de photographier comme je le souhaite, quand j'arrive dans un nouvel endroit, quand je suis au milieu d'un tempête de neige, quand j'ai le sentiment d'avoir fait une bonne photo, quand je shoote en grand format et que je dois attendre de voir le résultat quelques jours, ou alors quand je rentre à la maison après une longue période d'absence.

 

 

OSR :  Quels artistes t'inspirent ?

 

MG : Il y en a beaucoup trop mais pour en citer quelques-un j'ai beaucoup d'admiration pour le travail photographique de Mickael Kenna, Jim Goldberg, Jean-Paul Goude, Peter Knapp, Andy Warhol, Rinko Kawauchi, Raymond Depardon, Paolo Pelegrin?

 

 

OSR :  Quels sont tes rêves en tant que photographe ?

 

MG : Je rêve de continuer à prendre du plaisir dans mon travail et à trouver de nouvelles idées. Je souhaiterai également que le support papier et la belle photographie perdurent et que les gens continuent d'acheter des livres, des magazines et des tirages.

 

 

OSR En tant que montagnard, quelle est l'endroit parfait pour toi ?

 

MG : si c'est pour y vivre, je suis un mauvais exemple car après avoir passé plus de 25 ans entouré de montagnes, j'habite à présent dans le Sud de la France à Montpellier. Mais l'endroit parfait restera toujours ma maison avec ma famille. 

Et si c'est pour shooter, comme je n'ai encore jamais eu la chance d'aller en Alaska, l'endroit parfait pour shooter est la Colombie Britannique au Canada. Toute la nature est restée très sauvage, le terrain est infini et la neige y est abondante. On y trouve les meilleurs pillows du monde et il est possible de faire à la fois de l'hélico, du skidoo, du catboarding, de la randonnée ou bien même aller dans des stations de ski. »

 

 

OSR : Un dernier mot ?

 

MG : Merci beaucoup à 6 Feet & Perfect !

Vous pouvez voir une partie de  mon travail sur www.mattgeorges.com

 

 

Légendes Photos

Elias Elhardt ? Backside Air ? Bonneval-Sur-Arc, France

Journée parfaite sur une montagne perdue au fin fond d'une vallée de Haute-Maurienne dans les Alpes française.

 

Little Things ? Liftline - Val d'Isère, France

Série shootée en contre-plongée pendu depuis hélicoptère.

 

Little Things ? Ecole de ski - Val d'Isère, France

Série shootée en contre-plongée pendu depuis hélicoptère.

 

Mat Schaer ? Waiting for the sun ? Riksgransen, Suède

Une de ces longues journées à attendre que le soleil pointe le bout de son nez dans le désert nordique suédois 

 

Simon Gruber ? Val Senales, Italy

Sylvain Bourbousson ? One more try - Riksgransen, Suède

Tyler Chorlton ? Solden, Autriche

 

 

 

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