Voyages - BACÁN : Ian Fontaine fait l'expérience du Chili

Le Breton nous fait le récit de son trip en compagnie de Pete Devries.

- @oceansurfreport -
BACÁN /ba'kan/ Adjectif. L'un des mots les plus populaires de l'argot chilien. Une expression très courante pour dire que quelque chose ou quelqu'un est cool, brillant ou génial.

Dans les profondeurs de l'hémisphère sud, Pete Devries et Ian Fontaine ont trouvé ce qu'ils cherchaient. Le Canadien et le Français ont parcouru les côtes du Chili, traversé des forêts majestueuses et des étendues de sable noir, et surfé des vagues incroyables et inoubliables.

Aventures au Chili - Par Ian Fontaine

"Tout commence quand MANERA me demande de participer à une aventure un peu spéciale avec Pete Devries et son équipe. Au début, j'ai du mal à y croire. Moi, le petit breton aimant l'hiver parce qu'il peut se cacher dans ses petits spots secrets, allait rencontrer le G.O.A.T (Greatest Of All Times)* du surf en eau froide pendant 10 jours lors d'un trip en Amérique du Sud. Je suis comme un gosse à l'idée d'y participer ! 



La préparation est assez simple : bonnets, manteaux, chaussons, cagoule, gants... Tout rentre facilement dans la valise, sauf peut-être ma 6.4mm ! C'est la première fois de ma vie que je possède une 6.4mm cagoule intégrée, et surtout que je quitte le soleil Finistérien en juin pour aller chercher le froid dans l'autre hémisphère. C'est une sensation plutôt étrange car normalement, c'est l'inverse. Quand il fait froid, on rêve de chaud. Mais j'adore le concept d'un hiver infini.



Après une nuit dans l'avion, je profite d'un réveil assez mystique au-dessus de la cordillère des Andes plongée dans les nuages au lever du soleil. J'atterris et retrouve toute l'équipe à l'aéroport : Marcus Paladino le photographe, Nate Laverty le caméraman, et Pete la légende. Tous les trois sont originaires de la région de Tofino à l'ouest du Canada, là où il faut mettre des chaussons même en été. 

Tous mes bagages ont suivi et mes planches intactes ; tout va bien. Malheureusement, ce n'est pas le cas pour Pete. Il n'a pas eu son boardbag, qui n'a apparemment pas fait la connexion à Toronto. Tant pis, nous devons rapidement prendre la route, mais nous nous disons qu'il arriverait sûrement quelques jours plus tard. 

Après une demi-journée de route, nous arrivons sur la zone de surf. Les paysages sont éblouissants. Nous sommes très proches de la Patagonie, et ça se ressent. Il y a du vert partout, et les baies et les plages sont magnifiques. Il fait froid, mais je me sens bien. On dirait un mélange entre le Canada et le Mexique. C'est assez drôle, mais c'est l'idée que je me fais au premier abord, surtout avec ce sable noir et ces grandes forêts de pins et d'eucalyptus. 



Nous commençons à chercher et à repérer des spots. Au début, je suis totalement en roue libre. Pete, qui est déjà venu plusieurs fois avec Nate, dirige les opérations et est très méticuleux dans ses décisions. Il essaye vraiment de comprendre les cartes météo et les différentes orientations de spots. On dirait moi qui cherche le meilleur spot entre Carnac et Perros-Guirrec en hiver. 

Néanmoins, je me prends rapidement à ce jeu de recherche et d'étude cartographique. De base, j'aime beaucoup crapahuter le long des côtes et découvrir de nouvelles vagues. Mais ici, tout prend une autre dimension. Nous nous perdons dans des forêts et sur des chemins de terre. La côte est encore bien préservée, donc les accès sont parfois difficiles. Clairement, une bonne session se mérite. 



Je suis rapidement époustouflé par la côte. Moi qui aime les grands espaces et les paysages qui ont de la gueule et du caractère, je suis servi. C'est au détour d'une piste et d'un petit port de pêche que nous trouvons nos premières vagues. C'est magique ; l'eau est super claire et semble très propre. Il y a de la vie, sans qu'il y ait néanmoins trop de monde à l'horizon. Nous échangeons avec quelques locaux, des phoques, et des lions de mer. 


 
Après les sessions, nous nous retrouvons souvent au café du coin, près d'un feu de bois qui réchauffe nos corps et nos âmes. Ça fait vraiment du bien de découvrir de nouvelles cultures, de rencontrer des gens, de brièvement s'adapter à leur mode de vie, et d'essayer de comprendre les mœurs locales.



Nous surfons beaucoup, jusqu'à trois sessions par jour en alternant entre nos 6.4mm cagoule le matin, et 5.4.3mm cagoule l'après-midi. L'eau est à 8°C, et la température de l'air varie entre 0°C lors de la première session du matin et 10°C l'après-midi, ce qui est plus que supportable. Nous testons les produits dans toutes les conditions, autant les plus intenses près du bord que celles nécessitant beaucoup de rame sur les points breaks. Je m'attendais à subir plus le froid, mais en fait, quand on est bien équipé, tout va bien. Je suis agréablement surpris de la souplesse d'une 6.4mm cagoule intégrée. Je peux vraiment bien ramer, et je suis très confortable dedans. Je crois que je vais la mettre plus souvent à la maison !



Nous avons baptisé mon spot favori du trip le « Jesus Light Wedge ». C'est un wedge entre deux rochers qui forme une droite bien pêchue ; super fun avec de quoi pousser fort dans la paroi ou décoller dans le shore break. J'adore ! L'ambiance est dingue, donc nous restons là toute la journée, pique-niquons, et surfons à nouveau l'après-midi avec nos combinaisons encore mouillées. Un peu plus tard, je fais également découvrir le pâté Henaff aux Canadiens ; ils en ont presque versé une larme tellement c'était bon !



Un swell est attendu vers la fin de nos 10 jours ici ; une houle un peu spéciale qui arrive avec pas mal de vent. Nous espérons pouvoir scorer un spot en particulier. Pete est toujours sans ses planches, et il utilise les miennes, Made in Europe. C'est assez fou de le voir, lui le « cold water surfer » par excellence, sur mes planches. Quoiqu'il en soit, il déchire, et ce malgré le volume supplémentaire auquel il n'est pas habitué.



Pete est vraiment une légende. Il est de la même génération que Parko [Joel Parkinson], et il a réussi une carrière de surfeur pro en étant d'un lieu pas très glamour et où il fait toujours froid. Il en a fait sa force et s'est différencié avec ça. C'est un personnage super inspirant pour moi. Étant de Bretagne et y vivant, je peux vraiment retranscrire ce qu'il vit à mon échelle française et européenne. J'essaye d'emmagasiner le plus d'informations et d'apprendre de son surf. J'espère être comme lui au même âge, c'est sûr ! 



Nous rigolons bien avec les Canadiens. Ils sont très humbles et très polis, abordables et faciles à vivre, et m'ont intégré très rapidement à leur crew. Je ressens un peu la même chose qu'avec mes homologues bretons. En évoluant un peu loin du star-système, nous nous prenons un peu moins au sérieux et déconnons facilement, ça fait plaisir. 



Le swell arrive, mais est finalement un peu moins gros que prévu. Nous nous mettons sous la dent le fameux spot de cette côte où la vague déroule sur des centaines de mètres de banc de sable. C'est assez ahurissant de voir ça de ses propres yeux. J'ai d'ailleurs du mal à y croire ; un endroit bien préservé du fait de son climat froid, mais de qualité de classe mondiale. 



Durant les derniers jours, nous apercevons quelques pics tubulaires au détour d'une baie. Nous nous rapprochons, et par chance nous tombons sur un beach break de type landais, avec des tubes droites-gauches et entièrement offshore. Ce n'est pas gros, peut-être 1m20, mais nous sommes seuls et nous n'avons pas besoin de grand-chose d'autre.  

L'ambiance au pic est folle. Le vent est super fort offshore, avec une légère bruine et des contrastes dans le ciel. Nous sommes accompagnés de colonies d'otaries et de lions de mer qui surfent la vague avec nous et qui vérifient que nous sommes bien des copains. Ils sont super curieux ! Peut-être que je leur ressemble avec ma combi intégrale cagoule intégrée et ma moustache qui dépasse. Nous nous apprivoisons mutuellement, et ils me laissent scorer quelques bijoux tubulaires. Merci les « brotaries » ! 



La fin du trip approche, et il est déjà temps de dire au revoir à cette équipe et ce magnifique endroit. Je suis ravi d'avoir eu la chance de découvrir ces vagues, ces personnes, et cette culture. Il est certain que je reviendrai dans cette région car j'en suis vraiment tombé sous le charme.

Merci à MANERA de m'avoir emmené sur ce trip, à Pete et son équipe de boss, et aux Chiliens et aux surfeurs locaux rencontrés sur place. Et comme on dit chez moi, kenavo ar vechal !"

- Vidéo par Nate Laverty pour MANERA - 
- Photos © Paladino / MANERA - 

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Mots clés : ian fontaine, pete devries, manera, surf, chili, trip, voyage, amerique du sud | Ce contenu a été lu 2525 fois.
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