Bodyboard - Archives : quand Pierre-Louis Costes découvrait Pipeline

"À vrai dire, j'ai détesté le premier hiver à Hawaii..."

- @oceansurfreport -


Pour une fois, on ne va rien commenter. Et laisser Pierre-Louis Costes s'exprimer. Le contexte : après 17 ans de sa vie à passer chaque hiver à Hawaii, celui qui est considéré par ses pairs comme l'un des meilleurs bodyboardeurs de la planète n'a pu s'envoler pour l'archipel mythique du surf. La raison, s'il faut encore la préciser : la pandémie de Covid-19.

À défaut de se rendre sur le North Shore d'Oahu, le double champion du monde a décidé de partager une de ses toutes premières "parts" dans un film de bodyboard. C'était lors de la saison 2003/2004 dans "Rock the life", un film de Bertrand Bouchez. PLC avait 13 ans et découvrait Hawaii aux côtés de Nicolas Capdeville, Cédric Dufaure et Julien Lacouture. Sur les réseaux sociaux, son témoignage est tellement passionnant qu'il mérite d'être retranscrit dans son intégralité.

Pierre-Louis Costes : "Janvier 2003. La première fois que j'aperçois Pipeline, je suis subjugué. C'est gros, en désordre, et il n'y a que des bodyboardeurs à l'eau. La première vague que je vois, c'est celle de Ryan Hardy (légende du bodyboard australien). Il envoit un énorme air reverse qui fera la toute première couverture de Movement Magazine. Les aînés ne me laissent surfer ce jour-là, je suis vraiment déprimé. Nicolas demande même aux sauveteurs de s'assurer que je ne vais pas à l'eau. Je suis obligé de rester sur la plage et de filmer.

Un peu plus tard dans l'hiver, lors d'une petite journée, je me rappelle voir un gamin d'une dizaine d'années avec de longs cheveux blonds et équipé d'un casque. Il se fait repousser par les séries. Il s'appelle John John Florence.

Je n'ai aucun doute sur le fait qu'Hawaii a façonné l'athlète que je suis aujourd'hui. Je me suis engagé chaque hiver et pendant des mois sur les vagues les plus puissantes du monde, au milieu des meilleurs surfeurs et bodyboarders de la planète. Hawaii est un endroit qui force le respect.

Je pourrais écrire un bouquin sur chacune de ces saisons sur le North Shore. Le plus important, c'est de se souvenir de ses débuts. À vrai dire, j'ai détesté le premier hiver. Je n'ai pas eu de bonnes vagues et j'avais l'impression de décevoir les aînés qui m'avaient épaulé. Je pensais que je n'atteindrais jamais le niveau professionnel.

Il s'avère que cette première saison m'a rendu plus fort, malgré mon jeune âge. Après ça, je n'avais qu'une seule idée en tête : revenir et continuer jusqu'à ce que je devienne un bodyboardeur pro. Débuter n'est pas un défaut, il faut bien commencer quelque part."

Réalisation : Dolly Films (produit par Sen No Sen) 

   
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