Pédagogie Météo - Comment se forme une vague ?

La vague est le point de départ de la pratique du surf, comment atteint-elle nos côtes ? Analyse.

- @oceansurfreport -

À première vue, c'est une équation relativement simple, sans même une inconnue. Au large, une dépression atmosphérique créé une houle qui, en se rapprochant du rivage, se heurte au fond marin et façonne une vague. Rien de plus naturel. Or, si l'on veut comprendre et appréhender l'ensemble des phénomènes de création d'une vague, il faut alors prendre en compte un grand nombre de facteurs aussi complexes et variables les uns que les autres. Allons-y étape par étape...

Étape 1 - La formation de la houle

Des lignes à perte de vue, quelque part au sud de la Californie.
C'est ici que tout commence. Au large des côtes, une dépression atmosphérique va provoquer un champ de vent qui, si ce dernier est suffisamment fort et soutenu sur la surface de l'océan, va former une houle. La taille de celle-ci va dépendre de plusieurs paramètres : la force du vent, son angle de trajectoire mais aussi sa durée et son étendue, que l'on va appelé le fetch. Le fetch est un élément que l'on peut assigner à la surface horizontale sur laquelle le vent va souffler. Sur cette distance, ce vent va ainsi prendre de l'élan et générer quelques rides avant de laisser apparaître d'épaisses ondulations successives, aussi appelées train de houle.

Dans son ouvrage "L'homme et la vague" publié en 1995, Gibus de Soultrait, co-fondateur et ancien directeur de la rédaction de Surf Session Magazine, y expose quelques chiffres afin d'éclairer cet aspect : "A titre d'exemple, un vent de 40km/h soufflant sur 200km pendant 15h engendrera des creux de 2,50m. Et de 11m à 14m s'il se met, pendant la même période, à souffler à 100km/h sur un fetch de 400km. Force, durée et étendue forment ensemble cette zone d'élan de la houle avant sa grande traversée océane."

Ainsi, plus la tempête est puissante et éloignée des côtes, plus la houle a le temps de s'organiser et former des lignes consistantes. La période du swell (intervalle entre les lignes de houle) va donc déterminer ses attributs. On va ici différencier la houle courte (en dessous de 7 secondes) de la houle moyenne (entre 7 et 11 secondes) et de la houle longue (plus de 11 secondes). Si l'on additionne le meilleur de ces éléments et que rien n'altère sa zone de propagation, l'énergie du swell sera intacte et fournira des vagues d'une grande qualité.

Étape 2 - La fonction du fond

Si les slabs ont une allure aussi mutante, c'est dû à la typologie du fond marin.

Pour mener à bien sa quête de vagues vierges, Kepa Acero en a appris un rayon sur les capacités d'un spot à capter la houle et ses facultés à former des vagues. "Un des paramètres majeurs à prendre en compte, en plus de la direction du swell, du vent... C'est la profondeur", révélait-il. Si la mécanique de la houle est autonome lors de sa création et de sa propagation, c'est en frappant le fond marin qu'elle va petit à petit former une vague. L'ondulation émise au large va alors ralentir puis infléchir sa direction, afin de lui permettre de gonfler jusqu'à un point critique : le déferlement. La physionomie de cette onde, quant à elle, s'adaptera au fond auquel elle se heurte - sables, récif, rochers - créant une infinité de vagues allant de la plus molle à la plus creuse.

Étape 3 - La mission du vent

Quand le vent tourne off à Hossegor, la Gravière prend un tout au visage...
Si le vent joue un rôle prépondérant quant à la formation d'une houle au large, il va surtout influer sur l'apparence de la vague. On comptera alors quatre types de vents : le vent de mer (onshore) qui va défigurer le visage de l'océan en rendant le plan d'eau brouillon et en aplatissant les vagues. Le vent de côté (side shore) qui va également engendrer du clapot et altérer la qualité d'une vague. Le vent nul (glassy), qui va lisser les vagues, simplifiant ainsi les mouvements du surfeur dans l'eau. Le vent de terre (offshore), qui va organiser le plan d'eau et creuser la vague. 

Étape 4 - Le rythme de la marée

En Bretagne, le rôle de la marée est également très important. Ici, La Torche, à marée basse...
C'est la marée et ses cycles, provoqués par l'attraction lunaire, qui va régler la création des vagues. Selon qu'elle monte ou qu'elle descende, elle va générer ou épuiser leur potentiel. Si le rôle de la marée intervient au bout de la chaîne, il n'en demeure pas moins fondamental. Un banc de sable parfaitement calé à mi-marée peut ne plus exister quelques heures plus tard ! La côte Atlantique de la France est fortement tributaire des marées, il est nécessaire pour cela de bien se renseigner sur leurs cycles mais aussi sur ses coefficients : plus ces derniers seront importants, plus l'amplitude sera élevée.

À la fin de ces différentes étapes et après une traversée équivalente à des centaines voire des milliers de kilomètres, cette masse liquide devenue une vague est prête à déferler. Un phénomène éphémère et très succinct qui se répète de manière infinie. 

Pour vous informer en temps réel des conditions météorologiques de votre spot, rendez-vous dans la section "prévisions" de notre site !

  
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