Voyages - En Turquie, du surf du côté de la Mer Noire

Exploration d'une nouvelle destination peu commune chez les surfeurs, menée par Erwan Simon.

- @oceansurfreport -

Il était sur le lac Victoria, parti à la découverte de nouvelles vagues en Ouganda. Nous l'avons ensuite retrouvé bien plus près en Bretagne, où le surfeur-explorateur menait un projet de réserve de vagues sur la côte sauvage de Quiberon. Et le voici maintenant en Turquie. Comme tout explorateur qui se respecte, Erwan Simon a la bougeotte, et ce n'est pas pour nous déplaire ! Cette fois au départ d'Istanbul, ville majeure du pays, l'habitué des expéditions se rend sur la mer Noire.

La plus grande métropole de Turquie est placée à l'extrémité sud du détroit de Bosphore. Ce dernier relie la mer Noire à la mer de Marmara, elle-même reliée à la mer Egée, qui rejoint à son tour la mer Méditerranée. De ce fait, la mer Noire bien que salée, l'est deux fois moins que l'Océan Atlantique. En cause, son histoire : avant d'être une mer, il s'agissait d'un lac (il y a 9000 ans de cela) et lorsque la jonction s'est opérée au niveau du Bosphore, sa teneur en sel est passée de 2 à environ 22 grammes par litre (contre 37g/L environ pour la Méditerranée). Cette zone marque aussi la limite entre l'Europe et le continent asiatique. 


"C'est un pays plutôt touristique mais finalement méconnu pour le surf, et pourtant à la porte de l'Europe" nous explique Erwan. "Si la Méditerranée au sud propose le meilleur fetch, la mer noire au nord est très active. On parle de 270 jours de vagues par an".

Le fetch, c'est la "distance en mer au-dessus de laquelle souffle un vent donné sans rencontrer d'obstacle depuis l'endroit où il est créé". Cela signifie que les vents voyagent bien plus loin en Méditerranée que ce n'est le cas en mer Noire, et ce sont ces derniers qui sont responsables de la formation de la houle. Erwan a misé cette fois sur les vents de nord, qui créent de petites houles au-dessus d'un mètre. Une période assez légère est annoncée lors de sa venue : 6 à 8 secondes. En surf, on estime généralement que 7 secondes est un minimum pour que la vague ai suffisamment de puissance pour être surfée.

Malgré tout d'après Erwan, il y a "environ 1300km de côte avec du potentiel". Car bien qu'on ne le soupçonnerait pas forcément, il y a des surfeurs locaux. Peu nombreux certes, mais "motivés" selon Erwan : "peut-être une cinquantaine dans tout le pays, certains vont même l'hiver dans l'eau, quand la mer Noire est très froide (dans le creux de l'hiver, la température de l'eau peu descendre jusqu'à 3°C, ndlr).


Peut-être plus étonnant encore, la découverte par le surfeur de la pratique ancestrale du bodysurf à Rumeli Feneri, un village de pêcheur situé à l'embouchure nord du détroit. "Les Viyas pratiquent le bodysurf depuis plus d'un siècle" nous explique t-il "certains disent même que c'est pratiqué depuis l'antiquité, et même depuis la Grèce antique ! Viya serait d'ailleurs un mot venu de l'antiquité."

De génération en génération, les locaux ont donc "développé leurs propres styles, sans influence extérieure, et cela depuis la nuit des temps". 

Une phrase, traduite d'une expression locale, concluera finalement cette expédition : "Si les vagues sont là, saisis ta chance".

- Vidéo par Erwan Simon - 

  

       
Mots clés : istanbul, turquie, erwan simon, détroit de bosphore, mer noire | Ce contenu a été lu 8349 fois.
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